Pluie
Pluie, acrylique sur toile, 2010
Genèse
Genèse, aquarelles et acryliques, 2010
Noir c'est noir

Quatrième évolution du logo qui devient noir comme l'inconscient, noir comme le néant originel, noir comme le pouvoir.
Mon objectif final

Autoportrait, pastel et encre de chine sur papier, 2006
Mon objectif final actuel n'a pas la prétention d'être mon objet a (Lacan), c'est-à-dire un but pulsionnel inconscient et irrationnel.
Décrire cet objectif final m'amène à expliquer les raisons pour lesquelles j'ai quitté mon école d'Art (Institut Régional d'Art Visuel de la Martinique). Au sein de cette dernière, les étudiants en arts graphiques devaient mettre sur le support leur "intériorité", rechercher "l'audace" et la "liberté vraie". Ceci bien que n'étant pas une mauvaise chose, ne correspondait ni à ma vision du graphisme, ni à mes objectifs.
En effet, je souhaite faire de mes images des outils de communication, des outils de pouvoir. Raison pour laquelle je voulais dès mon entrée en troisième année acquérir de vaste connaissances relatives à la dimension psychologique, sémiologique et anthropologique de l'image.
Ce que vous découvrez à travers ce blog est un laboratoire intérieur tendant vers ce but. J'essaye ici de décanter mes conflits intimes de mon objectif final qui n'est certes pas des plus humanistes, mais relève d'une vision de la destinée humaine se voulant pragmatique : la vie n'est pas une quête de liberté, mais de pouvoir. La liberté est un outil au main du pouvoir. La première est à la bouche de tous les graphistes actuels, mais ils se heurtent presque toujours à une réalité les reléguant au statut d'ingrédient dans la main de celui qui pense, de celui qui détient le pouvoir décisionnel et le savoir conférant à l'image son efficience.
Les graphistes (et les artistes) sont souvent persuadés de toucher à un tabou lorsqu'il démontre une audace aussi éclatante que déroutante. En réalité, le vrai tabou se situe dans la capacité à créer une image influençant le psychisme du regardeur dans le sens souhaité pour générer le comportement voulu. Pour ce faire la recherche de sa propre intériorité ne suffit pas car il faut aussi connaitre celle de l'autre. Et cet "autre" est toujours unique d'où la grande difficulté.
Il ne faut pas simplement y voir un regard pavlovien sur le graphisme, mais la conscience des enjeux de l'image dans la société, des très larges connaissances à mettre en relation ainsi que des qualités intuitives à cultiver pour créer un support de communication. En fait, ma démarche a quelques points de connections avec celle d'Edward Bernays, un des fondateurs des relations publiques, celui qui donna ses lettres de noblesse à la propagande. Bien que je ne partage pas son machiavélisme, il eut la brillante idée d'appliquer les théories psychanalytiques de, notamment, son oncle Sigmund Freud à ses stratégies de communication. Pour le meilleur et surtout pour le pire, il posa les fondations moderne de "la manipulation consciente, intelligente, des opinions et des habitudes organisées des masses" censée jouer un rôle prépondérant dans la démocratie.
Comme lui, je pense que la conception d'un support de communication doit partir de la connaissance du contexte dans lequel elle doit évoluer. Par ailleurs, la connaissance de soi devrait permettre d'établir le plus clairement possible ce qui est sien, ce qui est aux autres, ce qui est commun et particulier, pour ne pas tomber dans le piège de l'identification. La création d'une image puissante est donc un compromis entre la sensibilité et le savoir, entre l'intime et l'ouverture.
Logo version 3
Nouveau logo ! Plus glossy, plus beau, plus attrayant !
Nessence : Fille à cornes
Fille à cornes, infographie, 2009
Images Digestives : le tube digestif psychique
Collier 3, mine graphite et aquarelle, 2009
Corps éclos, mine graphite et aquarelle, 2009
Corps éclos 2, mine graphite et aquarelle, 2009
Corps éclos 3, mine graphite et aquarelle, 2009
Corps éclos 4, mine graphite et aquarelle, 2009
La place du savoir
Mon ambition est d'enfouir mon âme au creux du savoir pour qu’en éclose la potentielle expression. Ceci dans une pulsion de contrôle, de possession et dans un ardent désir de clairvoyance du Tout. Je me sens pris en tenaille par des forces étrangères et intime à force de fracas en mon être, celles que Lévi-Strauss nomme « structures ».
Processus créatif
Dans ma démarche, je ne m’imprègne pas seulement de connaissances en psychanalyse, mais je m’abreuve d’images et des effets que celles-ci peuvent avoir sur mon mental. Aussi, je note durant la pratique du dessin et de la colorisation les moindres balbutiements sensitifs, émotionnels, les images mentales et réactions corporelle interne comme externe. Ensuite je me prête à une interprétation des évènements.
Corps éclos
La série Corps éclos (2009) représente assez bien la direction que je souhaite suivre. Comme son nom laisse entrevoir, il s’agit d’une ouverture et d’une plongé dans le corps physique et surtout psychique. Les dessin sont généré par la consommation d’images tantôt choquantes, négatives (cadavres, organes humains et animales, etc…) et d’images agréables, positives (fruits, couleurs vives). Ces images ont ceci de commun qu’elles sont en rapport avec le goût, l’incorporation d’aliments (comestibles ou pas).
Le tube digestif psychique
Ma métaphore du tube digestif psychique renvoie au mécanisme de projection et d’introjection que Mélanie Klein a décrit dans sa théorie de l’identification projective. Ce mécanisme consiste pour le nouveau né à introjecté, à s’identifier à ce qui est bon venant de la mère (le bon sein) et à projeter sur cette dernière ce qui le fruste, qui est mauvais (le mauvais sein). Viens ensuite le moment où le nourrisson s’identifie à ce qu’il a projeté sur la mère faisant de celle-ci un être complet.
Ces mécanismes se retrouvent autrement dans ma manière d’introjecter les images. Je les consomme, les mange, les incorpore. Puis à l’intérieur s’opère un travail de digestion, de décomposition moléculaire des sens et des signes qui suivront deux voies différentes. L’une menant vers la construction d’un idéal du Moi tend à satisfaire l’identification et à conserver l’amour de soi lié parfois à la soumission aux instances du Surmoi. L’autre voie semble subir de plein fouet la virulente réprimande du tribunal intérieur, qui néanmoins, paraît laisser passer une trace de cette nourriture visuelle trouvant résonance complice dans les geôles du ça. Résonance inquiétante attisant tout à la fois une certaine soif de savoir et une peur du savoir. Ce transit psychique transforme l’esprit ou plus précisément une part d’elle dans un temps progressif. Ce changement est terrifiant car ce que je pense devoir et vouloir être me semble lié à ma sensibilité. Or, par effet de conditionnement cette sensibilité évolue. L‘anesthésie des sensations ordinaires s‘opère.
La conscience de ce trafic interne influe les représentations couché sur le support comme pour retracer la carte des lieux. La représentation elle-même n’est pas sans conséquence sur l’activité des instances pénales de l’esprit veillant à la bonne tenue de mon Moi social. Dans le même temps s’affirme une pulsion gourmande exhumant les territoires tabous de la pensée du corps, prenant pour lui ce qui ne peut-être que caché dans la forteresse mentale. Afin d’introjecter ces images négatives, de leur rattacher des sensations positives, j’ai recours presque inconsciemment à l’esthétique. Ce dernier point m’apparaît comme un maquillage des nutriments psychiques.
N’y a-t-il pas une pulsion fondamentale transcendant tout sensation répulsive des images dites « négatives » ? Il y a-t-il une pulsion qui s’affranchirait du conditionnement et de la sublimation esthétique ? J’ai bien sûr pensé à la pulsion sexuelle tout à fait opérante dans ma pratique du dessin, mais celle-ci est potentiellement traumatisante et se fixe vite des limites inconscientes. Je cherche une pulsion universel qui ne me serait pas particulière mais se retrouverait chez l‘Homme. La recherche du pouvoir de l’image, du pouvoir par l’image me pousse à ne pas m’enfermer dans un nombrilisme.
La clef ne serait-elle pas la pulsion du savoir ? En effet, une soif de savoir, de connaissances me pousse à plonger au plus profond de mon âme, à faire intervenir dans ma démarche des théories en rapport avec la psychanalyse. Je ressens cette pulsion du savoir imbriquée à une pulsion libidinale œuvrant en coulisse (Freud parle d’ailleurs d’un détournement des pulsions sexuelles vers un autre objet pulsionnel que le sexe lors du stade de latence). Dans mes dessins est omniprésente la béance mystérieuse aux profondeurs insondable et à l’attraction irrésistible. Le phallus, les sécrétions, les territoires et phénomènes tabous du corps sont constamment représenté. La pulsion sexuelle est peut-être moteur de ma pulsion du savoir à travers un processus de sublimation où les deux pulsions ne se défont pas complètement. Cette corrélation pulsionnelle existe-elle en chacun de nous ?
Tout humain en bonne santé naît avec un organisme quasi-similaire aux autres de son espèce en terme de patrimoine génétique. L’esprit prend comme base de son développement le corps et son vécu (dans sa relation à lui-même et au monde extérieur). Le corps est la première terre exploré par l’Homme. Il nous ramène globalement à une plus grande universalité, à une commune expérience même si l‘influence des particularités culturelles peut être plus ou moins précoce d‘un groupe à l‘autre. Par ailleurs, préexiste à la vie sociale formatée par la culture et les évènements inhérents aux besoins fondamentaux (affection de la mère, sensations liées à la nourriture, etc…) des différences anatomiques (sexe, malformation, maladie mentale) qui pourront être des facteurs déterminant du développement psychique. Malgré tout, le prototype humain le mieux partagé s’enracine dans le corps.
En tentant, à partir de repères théoriques psychanalytiques, de dresser une cartographie du corps psychique, j’essaye d’établir les bases de l’âme humaine. D’en saisir son architecture, de démystifier sa complexité. J’ai une vision matérialiste de l’esprit dans le sens où ce dernier n’est que selon moi une partie intégrante du corps, la définition conceptualisée des résultats de mécanismes cérébraux bien concret. Je reste cependant conscient de la véracité relative de mes repères scientifiques, mais m’appuyant sur ma propre personne, j’espère créer des contradictions révélateurs là où la théorie aurait des manquements. Cette démarche semble avoir une dimension religieuse tant j’entraperçois dans ce processus créatif une forme de spiritualisation du corps, de métamorphose révélatrice telle celle du papillon. Les cartographies du corps spirituel que l’on retrouve dans certaines religions se basent sur des symboliques nées de constructions culturelles très élaborées. Ma cartographie prend appuie sur une science s’intéressant aux vécus originels, aux évènements fondateurs de la vie, notamment dans sa description du processus de maturation psychique théorisé par Freud qui, selon moi, porte en germe le lit des mythologies personnelles.
Mon Flickr !
Nouveau ! J'ai mis en ligne un nouveau press-book en ligne hébergé sur Flickr qu'on ne présente plus. Le lien est maintenant en permanence sur la colonne de gauche.
Vous y trouverez plus d'images, moins de blabla ! :)
Ferme les yeux...
Mes chers petits veinards, je suis de bonne humeur aujourd'hui, alors voici trois belles pin up créoles sorties de mes tiroirs :
Tambour et ouragan, crayon HB, 2008
Fruits et rhum, crayon HB et aquarelle, 2008
Rivière de fleurs, crayon HB et aquarelles, 2008
Nouveau logo

J'ai décidé de faire évoluer un peu mon logo. D'abord, après avoir constaté que pas mal de blogueurs qui plus est artiste (comme par hasard) s'appellaient Emmanuel B, j'ai décidé d'afficher l'intégralité de mon nom histoire de sortir un peu plus de l'anonymat.
Ensuite, la contre-forme de l'ancien (le E blanc sur fond violet) plus le B orange... c'était moche. Y'avait un côté "mangez cinq fruits et légumes par jour" et "n'oubliez pas les vitamines E, B, C, etc..." que je n'assumais plus. Bon ok, on est encore dans la pseudo-marque de boisson fruitée, mais ceci reste dans l'esprit d'un blog plein de paysages-cocktails et de réflexions stratosphériques. lol.
Je vous met l'ancien logo pour comparer :





